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Simlog abat son jeu
Article tiré du numéro de Janvier-Février 2000 de la revue Interface, signé Dominique Forget. Tous droits réservés Association canadienne-française pour l'avancement des sciences, 2000.
Les yeux rivés sur l’écran, les mains crispées sur les deux manettes, Paul Freedman tente d’atteindre la cible qui s’affiche devant lui. Enfin, il la touche. Fébrile, il s’empresse de regarder le pointage qui s’affiche au bas de l’écran. Non, nous ne sommes pas dans une arcade, mais bien dans les bureaux de Simlog, une jeune entreprise de logiciels issue du Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM).
Depuis le printemps dernier, Simlog commercialise des simulateurs graphiques visant la formation d’opérateurs de machinerie lourde. " La conduite de tels équipements requiert de nombreuses habiletés. Or il est difficile d’enseigner ces compétences dans une salle de cours ", explique Paul Freedman, ex-chercheur du CRIM, maintenant président de Simlog. Grâce au simulateur, l’étudiant apprend à manœuvrer dans une situation très près de la réalité, ce qui lui permet d’être productif dès sa première journée sur le terrain.
Le premier simulateur développé par Simlog reproduit le fonctionnement d’une abatteuse-façonneuse, un équipement utilisé dans le domaine forestier. En quelques mois à peine, l’entreprise en a vendu une dizaine à des centres de formation en foresterie. " Jusqu’à récemment, seules les compagnies aériennes et les instances militaires étaient en mesure de se payer un simulateur. Toutefois, le développement rapide des jeux du divertissement a fait baisser les coûts de la technologie." Déjà, la jeune compagnie envisage de nouveaux marchés. Elle vient de développer un simulateur de grue mobile et veut maintenant s’attaquer au secteur minier.
Simlog est le deuxième essaimage (spin-off) lancé par le CRIM depuis 1996. " Notre mandat en est un de transfert et d’accompagnement, explique Mario Cusson, vice-président à l'administration et à la finance au sein du CRIM. Nous sommes sans cesse à la recherche de technologies prometteuses pour les développer et les rendre commercialement viables."
Il y a cinq ans, le simulateur Simlog n’était que l’idée d’un chercheur. Les ingénieurs et les informaticiens du CRIM se sont retroussé les manches et ont mis au point un prototype. Selon M. Freedman, les résultats ont dépassé les attentes. " Lorsque nous avons constaté que notre simulateur avait un potentiel de commercialisation hors du commun, nous avons frappé à la porte de nombreuses entreprises informatiques. Toutefois, la réponse était toujours la même: elles ne connaissaient pas les équipements lourds. Elles avaient leurs propres créneaux et n’étaient pas intéressées à commercialiser notre prototype."
C’est à ce moment que Paul Freedman et deux collègues ont songé à lancer leur propre entreprise. " Ayant contribué au développement de la technologie, nous étions en mesure de faire valoir ses avantages auprès de clients potentiels." Cependant, les chercheurs connaissaient peu le monde des affaires. Pour cette raison, l’appui du CRIM a été essentiel. " Avec l’aide de Mario Cusson et de la haute direction, nous avons monté un plan d’affaires solide et recruté des investisseurs ", se rappelle l’entrepreneur.
Aujourd’hui, Simlog a le vent dans les voiles. Son simulateur a récemment remporté le prix de l’innovation OCTAS, remis par la Fédération informatique du Québec. Sachant que ses produits sont uniques, l’entreprise entend tirer profit de la situation. " Partout où il y a des forêts, des mines et des chantiers, il y a un besoin pour former des opérateurs d’équipements lourds. Il y a cinq ans, nous avons eu une idée. D’ici quelques années, nous exporterons partout dans le monde."
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